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  • Aziminu

    Matys Hoffman


    Si Marseille a sa bouillabaisse, la Corse possède l'Aziminu. Ce plat emblématique de l'Île de Beauté est bien plus qu'une simple soupe de poisson ; c'est un ragoût de la mer riche et parfumé qui célèbre la pêche locale. Contrairement à sa cousine provençale, l'Aziminu se distingue par l'utilisation d'aromates typiques du maquis corse et, souvent, par l'ajout de fruits de mer comme le crabe ou l'araignée. C'est un plat de partage, convivial et généreux, idéal pour réunir famille et amis autour d'une table ensoleillée.

    La réussite de cette recette réside dans la fraîcheur des produits et la patience de la préparation. Il ne s'agit pas de tout jeter dans une marmite, mais de respecter les temps de cuisson de chaque espèce pour obtenir une chair nacrée et fondante. Oubliez le stress du quotidien, servez-vous un verre de pastis (qui servira aussi à la recette !) et laissez-vous guider pour réaliser ce chef-d'œuvre culinaire savoureux.

    Les secrets de cette soupe de poisson traditionnelle de l'Île de Beauté

    Rascasse, daurade et crabe : bien choisir ses poissons de roche

    Pour un Aziminu réussi, la variété est essentielle. Il faut un mélange de poissons de roche pour le goût et de poissons nobles pour la mâche. Comptez environ 3 kg de poissons variés pour 8 personnes. La base inclut souvent de la rascasse, du grondin (galinette), de la vive ou du congre. Pour les morceaux nobles, privilégiez la daurade, le Saint-Pierre, le loup (bar) ou le merlan. N'oubliez pas les crustacés : des crabes verts ou des étrilles apporteront une profondeur iodée incroyable au bouillon.

    Demandez à votre poissonnier d'écailler et de vider les poissons, mais gardez impérativement les têtes et les queues ! Ce sont elles qui contiennent le plus de collagène et de goût pour réaliser le fumet. Si vous ne trouvez pas toutes les variétés, vous pouvez compléter avec de la morue dessalée ou même des tranches de lotte, mais évitez les poissons gras comme le saumon ou le thon qui marqueraient trop le goût.

    Safran, pastis et fenouil : les aromates du maquis indispensables

    Ce qui différencie l'Aziminu d'une cotriade bretonne ou d'une chaudrée, c'est son profil aromatique. Le fenouil sec (ou frais), le laurier, le thym et le romarin sont les piliers de cet assaisonnement. Mais la touche magique vient du safran. Ces pistils rouges, l'or rouge, vont colorer le bouillon et lui donner cette saveur terreuse et mielleuse unique.

    L'autre ingrédient secret est le pastis (ou l'anisette). Un verre versé dans la préparation apporte une note anisée qui se marie divinement avec le poisson et le fenouil. Ajoutez à cela un zeste d'orange pour la fraîcheur et une pointe de piment (ou de piment d'Espelette) pour relever l'ensemble sans emporter le palais. C'est cet équilibre entre la force de la mer et les parfums de la terre qui crée un véritable délice.

    La marinade à l'huile d'olive : l'étape clé pour la saveur

    Une fois vos poissons nettoyés et coupés en gros tronçons, ne les cuisez pas tout de suite ! Disposez-les dans un grand plat ou un saladier. Saupoudrez-les de safran, de sel et de poivre. Arrosez généreusement d'une excellente huile d'olive vierge extra. Mélangez délicatement pour que chaque morceau soit enrobé.

    Laissez mariner au réfrigérateur pendant au moins 2 heures. Cette étape permet à la chair du poisson de s'imprégner des arômes et de se raffermir légèrement, ce qui évitera qu'elle ne se délite à la cuisson. C'est le moment idéal pour préparer votre bouillon de base ou pour préparer quelques croûtons frottés à l'ail.

    Préparation et cuisson : l'art du bouillon et des tronçons

    Réaliser un fumet de poisson maison avec les têtes et parures

    Pendant que le poisson marine, occupez-vous du bouillon. Dans une grande casserole ou un faitout, faites revenir un oignon émincé dans de l'huile d'olive. Ajoutez les têtes et les queues de poissons réservées (les parures). Faites-les suer quelques minutes sans coloration excessive. Ajoutez le bouquet garni (persil, thym, laurier), les gousses d'ail écrasées et mouillez avec 2 litres d'eau.

    Salez, poivrez et portez à ébullition. Laissez cuire à gros bouillons pendant 15 à 20 minutes. Pas plus, sinon le fumet pourrait devenir amer. Une fois cuit, passez le tout au chinois ou au tamis en pressant bien sur les têtes pour extraire tous les sucs. Vous obtenez un bouillon de poisson concentré et parfumé, base de votre future sauce.

    Suer les oignons et cuire les poissons à chair ferme

    Dans une grande marmite, faites chauffer un filet d'huile d'olive. Faites suer les oignons émincés restants jusqu'à ce qu'ils soient fondants. Ajoutez le concentré de tomate, les herbes (thym, laurier, romarin, fenouil) et les crabes coupés en deux. Mouillez avec le vin blanc sec, le pastis et le bouillon chaud préparé précédemment. Portez à frémissement.

    La cuisson des poissons se fait par étapes, selon la fermeté de leur chair. Commencez par plonger les poissons à chair ferme : rascasse, congre, murène. Faites cuire à feu vif pendant 8 minutes. C'est crucial de ne pas tout mettre en même temps, sinon les poissons délicats finiront en purée.

    Ajouter les poissons tendres et finaliser le ragoût

    Après les 8 premières minutes, ajoutez les poissons à chair plus tendre : Saint-Pierre, daurade, loup, merlan. Poursuivez la cuisson encore 8 à 10 minutes. Goûtez le bouillon et rectifiez l'assaisonnement avec sel et poivre si nécessaire. Le liquide doit avoir réduit légèrement et s'être lié grâce à l'amidon naturel et à la gélatine des poissons.

    Si vous souhaitez un plat plus consistant, vous pouvez ajouter des rondelles de pommes de terre en même temps que les premiers poissons, bien que la recette traditionnelle se serve généralement avec du pain. Veillez à ce que les poissons soient cuits mais restent entiers. Retirez délicatement les morceaux avec une écumoire pour le service.

    Accords mets et vins et variantes de ce ragoût marin

    Rouille ou aïoli : quelles sauces pour accompagner le plat ?

    L'Aziminu se sert traditionnellement en deux temps ou dans deux plats distincts : le poisson d'un côté, et le bouillon de l'autre, versé sur des tranches de pain de campagne rassies ou grillées. Pour accompagner le poisson, rien ne vaut une sauce relevée. La rouille (mayonnaise à l'ail, piment et safran) est classique, mais un aïoli maison bien monté à l'huile d'olive est tout aussi délicieux.

    Frottez vos tranches de pain avec une gousse d'ail frais pour plus de caractère. Certains ajoutent du fromage râpé sur la soupe, bien que les puristes préfèrent savourer le goût iodé sans litage laitier. C'est un régal absolu qui réchauffe le cœur et l'esprit.

    Pourquoi un vin rouge léger sublime ce plat de poissons ?

    L'accord classique avec le poisson est le vin blanc. Pourtant, sur un plat comme l'Aziminu, riche en saveurs puissantes (tomate, safran, ail, poissons de roche), un vin blanc trop minéral risque de paraître maigre. À l'inverse, un vin rouge tannique (type Bordeaux ou Madiran) donnerait un goût métallique désagréable au contact de l'iode.

    La solution ? Un vin rouge corse, léger, fruité et peu tannique. Les cépages autochtones comme le Sciaccarellu offrent des notes épicées et de fruits rouges qui répondent parfaitement au safran et à la tomate, tout en ayant une structure suffisamment souple pour ne pas écraser la chair délicate de la daurade ou du loup.

    Le Pero Longo Équilibre : la fraîcheur du terroir de Sartène

    Pour cet accord "terre-mer", nous vous conseillons la cuvée Pero Longo Équilibre. Ce vin rouge de l'AOP Corse Sartène est une merveille d'harmonie. Sa robe rubis brillante annonce un nez gourmand de petits fruits rouges (fraise, griotte) et d'épices du maquis. En bouche, sa texture soyeuse et sa fraîcheur naturelle nettoient le palais après chaque bouchée riche en saveurs.

    Servez-le légèrement rafraîchi, entre 16 et 17°C. Il accompagnera votre Aziminu avec brio, mais pourra aussi se marier avec de la charcuterie corse ou un fromage de brebis en fin de repas. C'est la preuve que sur l'Île de Beauté, la terre et la mer ne font qu'un dans l'assiette comme dans le verre.

    Un vin pour accompagner votre recette ?