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  • Terrine de campagne à l'ancienne Terrine de campagne à l'ancienne mobile
  • Terrine de campagne à l'ancienne

    Matys Hoffman


    Dans le panthéon de la gastronomie française, la terrine de campagne occupe une place de choix, juste à côté du foie gras et des rillettes. C'est l'entrée conviviale par excellence, celle que l'on pose au milieu de la table avec un bon couteau et du pain croustillant, invitant chacun à se servir. Contrairement aux idées reçues, réaliser sa propre terrine n'est pas une tâche insurmontable réservée aux charcutiers professionnels. C'est avant tout une question de bons produits et de respect des temps de repos.

    Oubliez la pizza du vendredi soir ou les plats tout faits ; ici, on parle de "slow food". Préparer une terrine, c'est prendre le temps de choisir ses morceaux chez le boucher, de hacher, d'assaisonner et de laisser la magie de la cuisson opérer. Le résultat est une tranche onctueuse, riche en saveurs, bien loin des produits sous vide. Préparez vos bocaux et vos terrines en terre cuite, nous partons à la découverte du goût authentique.

    Le choix des viandes et des aromates pour une farce rustique

    La réussite d'une terrine repose sur l'équilibre entre le maigre (la viande) et le gras. C'est le gras qui donne le moelleux et conduit les saveurs.

    Échine de porc, veau et foies : l'équilibre des textures et des goûts

    Pour cette recette traditionnelle, nous utilisons un mélange de trois viandes. Le porc est la base incontournable : choisissez de l'échine ou de la gorge de porc pour le gras, et de la poitrine de porc pour la texture. Le veau apporte de la finesse et allège l'ensemble. Enfin, les foies (foie de porc et foie de génisse ou de volaille) sont essentiels pour le liant et ce goût corsé caractéristique. Si vous n'aimez pas le goût trop prononcé du foie, vous pouvez augmenter la proportion de chair à saucisse ou de veau. Pour une version gibier, du sanglier, du lièvre ou du chevreuil peuvent remplacer une partie du porc en saison de chasse. L'important est de garder une proportion d'environ 30 à 40% de gras pour éviter d'obtenir une terrine sèche comme un rôti trop cuit.

    Cognac, thym et baies de genièvre : la marinade parfumée indispensable

    La viande doit mariner pour s'attendrir et s'imprégner d'arômes. Le Cognac ou l'Armagnac sont les alcools de choix pour "cuire" légèrement les chairs et apporter cette note boisée. Pour les aromates, le thym, le laurier (en bouquet garni ou feuilles) et les baies de genièvre écrasées sont les piliers de l'assaisonnement. Une échalote ciselée, un oignon haché et une gousse d'ail dégermée relèveront la farce. N'oubliez pas les épices : le poivre (noir, blanc ou poivre vert pour le piquant), une pincée de muscade, et le sel (comptez environ 15 à 18 grammes de sel par kilo de viande). C'est cet assaisonnement précis qui fera de votre terrine un délice.

    Bardes de lard et crépine : les secrets du moelleux à la cuisson

    Pour protéger la terrine du dessèchement durant la longue cuisson au four, deux éléments sont cruciaux : la barde et la crépine. Les bardes de lard (fines tranches de lard gras) servent à tapisser le fond et les parois du moule. Elles fondront doucement, nourrissant la viande. La crépine (fine membrane veineuse de porc) sert à recouvrir le dessus de la terrine, maintenant la forme et ajoutant une couche protectrice. Pensez à la faire tremper dans l'eau froide pour l'assouplir avant de l'utiliser. C'est la touche professionnelle qui différencie une simple viande hachée cuite d'une véritable charcuterie maison.

    La préparation et la cuisson au bain-marie étape par étape

    La préparation demande un peu de matériel, notamment un hachoir (ou un boucher conciliant) et une bonne terrine en terre cuite ou en fonte.

    Ingrédients pour une grande terrine (8-10 personnes) :

    • 300g de veau, 300g de chair à saucisse
    • 200g de foie de génisse, 200g de foie de porc
    • 3 oignons, 3 échalotes, 1 gousse d'ail
    • 10 cl de Cognac, 1 œuf
    • Bardes de lard, crépine, gelée nature
    • Thym, laurier, baies de genièvre, sel, poivre

    Hacher et assaisonner : réussir l'amalgame des chairs et des épices

    Commencez par hacher les viandes (sauf si vous les avez achetées déjà hachées). Utilisez une grille à gros trous pour conserver une texture "rustique" et de la mâche, ou une grille fine pour une texture mousseuse type mousse de foie. Dans un grand saladier, mélangez intimement les viandes hachées, l'œuf entier, les oignons et échalotes ciselés, le Cognac, le sel, le poivre et les baies de genièvre concassées. N'hésitez pas à mélanger avec les mains pour bien répartir les ingrédients. Laissez reposer ce hachis au frais quelques heures si possible pour que les saveurs se diffusent. C'est bien plus savoureux qu'un simple pâté industriel.

    Le montage en terrine et la maîtrise de la cuisson lente au four

    Préchauffez votre four à 150°C (thermostat 5). Tapissez votre terrine avec les bardes de lard. Remplissez avec la farce en tassant bien pour chasser les bulles d'air. Posez une feuille de laurier et une branche de thym sur le dessus pour la décoration, puis recouvrez avec la crépine. Placez la terrine dans un grand plat rempli d'eau chaude (le bain-marie) et enfournez. La cuisson doit être douce et longue : comptez 2 heures à 150°C, puis montez à 220°C pour la dernière heure si vous souhaitez dorer le dessus (sans le couvercle). La cuisson au bain-marie garantit une chaleur uniforme et évite de brûler les graisses. La terrine est cuite quand elle se détache des bords et que la graisse est claire. Sortez-la du four et laissez refroidir.

    La gelée et le repos au réfrigérateur pour fixer les arômes

    Une fois la terrine tiédie, préparez la gelée nature (ou au Madère/Porto) selon les instructions du sachet. Coulez cette gelée liquide sur la terrine pour combler les interstices et former une couche protectrice brillante sur le dessus. Mettez ensuite la terrine au réfrigérateur pour au moins 24 heures, l'idéal étant 48 heures. Ce temps de repos est crucial : il permet à la gélatine naturelle de prendre, aux graisses de figer et aux arômes de maturer ("confire"). Une terrine dégustée trop tôt manquera de tenue et de complexité. Patience, votre régal est proche.

    Accords mets et vins, accompagnements et variantes gourmandes

    La dégustation de la terrine est un moment sacré, souvent synonyme d'apéritif dînatoire ou d'entrée de repas dominical.

    Cornichons, pain de campagne et chutney : le service parfait

    Servez votre terrine directement dans son plat, accompagnée de tranches de pain de campagne grillées ou de pain au levain frais. Les cornichons croquants, les petits oignons blancs au vinaigre et une pointe de moutarde à l'ancienne sont les compagnons traditionnels qui apportent l'acidité nécessaire pour balancer le gras. Pour une touche plus moderne sucrée-salée, un chutney de figues ou une confiture d'oignons rouges feront merveille. Servez avec une salade verte (mesclun ou roquette) assaisonnée d'une vinaigrette légère aux noix. C'est bien plus festif qu'un plat de pâtes ou un bol de riz.

    Noisettes, figues ou champignons : personnaliser sa terrine maison

    Une fois la base maîtrisée, laissez libre cours à votre imagination.

    • Version Forestière : Ajoutez des cèpes, des morilles ou des trompettes de la mort sautés à la poêle dans la farce.
    • Version Croquante : Incorporez des noisettes entières, des pistaches ou des amandes pour apporter de la texture.
    • Version Sucrée-Salée : Ajoutez des dés de figues sèches, d'abricots ou de pruneaux marinés à l'Armagnac.
    • Version Prestige : Insérez un insert de foie gras au centre de la terrine pour les fêtes ("terrine grand-mère au foie gras").

    C'est une alternative authentique aux terrines de poisson (saumon, thon) ou de légumes (courgettes, poivrons) qui sont souvent plus légères mais moins réconfortantes en hiver. Pour changer du porc, une terrine de lapin aux herbes ou de canard à l'orange ravira aussi vos convives.

    L'accord vin rouge du Beaujolais : Domaine des Deux Fontaines Sylvain Paturaux

    Pour accompagner une charcuterie riche et parfumée, il faut un vin rouge capable de rafraîchir le palais sans dominer la viande. Un vin trop tannique serait dur, un blanc trop acide trancherait trop. L'accord idéal se trouve dans le Beaujolais, avec l'appellation Fleurie. La cuvée du Domaine des Deux Fontaines de Sylvain Paturaux est le mariage parfait.

    Ce vin 100% Gamay offre une robe rubis intense et un nez explosif de fruits rouges (framboise, cerise) et de fleurs (violette, pivoine). En bouche, sa structure soyeuse et sa fraîcheur naturelle viennent "rincer" le gras de la terrine tout en soulignant les arômes de poivre et de genièvre. Servez-le légèrement frais, entre 14 et 16°C. C'est un vin de copains, gouleyant et élégant, qui transforme un simple casse-croûte en moment de gastronomie. C'est bien mieux qu'un soda ou qu'une simple carafe d'eau !

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